Pollution de l’air : un rapport de l’OMM alerte sur les fumées d’incendie

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Pollution de l’air : un rapport de l’OMM alerte sur les fumées d’incendie
  • Le bulletin publié par l’OMM le 7 septembre 2026 analyse notamment la qualité de l’air en 2025.
  • Les fumées d’incendie peuvent fragiliser les progrès obtenus contre les émissions industrielles et routières.
  • La chaleur favorise également la formation d’ozone, avec des effets sur la santé et la végétation.
  • En France, les prévisions ATMO et les bulletins régionaux permettent de suivre la pollution près de chez soi.

Les émissions des usines et des véhicules peuvent diminuer tandis que l’exposition aux fumées d’incendie augmente. Ce contraste traverse le bulletin sur la qualité de l’air et le climat publié le 7 septembre 2026 par l’Organisation météorologique mondiale. À partir notamment du bilan de 2025, l’OMM souligne que les incendies et les vagues de chaleur compliquent les efforts pour réduire la pollution atmosphérique.

Les fumées fragilisent les progrès contre les particules fines

Selon l’OMM, les réglementations ont réduit les émissions de particules fines de l’industrie et des transports en Europe et en Amérique du Nord, alors que l’exposition aux particules provenant des feux a augmenté. Le bilan relève notamment l’impact des incendies exceptionnels de la fin de l’été 2025 dans le nord-ouest de l’Espagne.

Les PM2,5 sont des particules de diamètre inférieur à 2,5 micromètres, capables de pénétrer profondément dans les poumons. Leur présence dans l’air dépend de plusieurs sources : les gains obtenus dans un secteur peuvent donc être contrariés par une pollution provenant d’ailleurs.

Les fumées associent ces particules à des gaz, dont le monoxyde de carbone, et à des composés organiques. Leur composition varie selon la végétation brûlée, les conditions de combustion et la météo. Les vents peuvent les transporter sur plusieurs centaines de kilomètres, au-delà des zones directement menacées par les flammes.

Atmo France rappelle que l’exposition aux fumées de végétation peut affecter la santé respiratoire : irritations, difficultés à respirer ou aggravation de maladies comme l’asthme. Les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et celles atteintes de pathologies chroniques figurent parmi les publics sensibles.

La chaleur favorise un autre polluant : l’ozone

L’ozone présent près du sol se forme dans l’atmosphère sous l’effet du rayonnement solaire, à partir de polluants précurseurs : oxydes d’azote, composés organiques volatils et méthane. La chaleur et l’ensoleillement peuvent favoriser ces réactions. Ce polluant affecte le système respiratoire, mais aussi les cultures, les forêts et les écosystèmes.

Une analyse européenne coordonnée par l’Ineris, présentée le 30 avril 2026, décrit un décalage persistant : depuis 2005, les émissions de plusieurs précurseurs ont fortement diminué dans l’Union européenne, sans baisse aussi marquée des concentrations moyennes d’ozone.

L’institut l’explique par la complexité des réactions chimiques, l’influence du changement climatique et une pollution de fond alimentée en partie par des émissions extérieures à l’Europe. Réduire les émissions locales ne produit donc pas automatiquement une diminution proportionnelle de l’ozone.

Les leviers d’action dépendent des territoires. L’Ineris souligne qu’une réduction des oxydes d’azote peut être prioritaire dans certaines situations, tandis qu’une action sur certains composés organiques sera plus efficace dans d’autres. La réduction durable de l’exposition reste au cœur des objectifs européens de qualité de l’air pour 2030.

Comment connaître la qualité de l’air près de chez soi ?

La carte de la qualité de l’air d’Atmo France permet de rechercher une commune et de consulter les prévisions pour le jour même et le lendemain. L’indice ATMO repose sur cinq polluants : PM2,5, PM10, ozone, dioxyde d’azote et dioxyde de soufre. Le qualificatif affiché correspond au plus défavorable des cinq sous-indices.

Un indice mauvais peut ainsi être déterminé par l’ozone ou par les particules : il ne signifie pas que tous les polluants atteignent simultanément le même niveau. Il décrit la pollution de fond à l’échelle communale ou intercommunale, sans mesurer l’exposition personnelle à chaque adresse.

Pour identifier l’origine d’un épisode et suivre son évolution, les publications de l’association de surveillance de votre région complètent cet indicateur. Elles peuvent préciser l’influence d’un transport de fumées et diffuser les recommandations associées à la situation locale. Un indice dégradé ne suffit pas, à lui seul, à attribuer la pollution à un incendie.

Sources principales

Crédit image : © ESA — contient des données Copernicus Sentinel (2025), traitées par l’ESA. Licence standard ESA, utilisation éditoriale. Image d’illustration : fumées des incendies ibériques observées le 17 août 2025.

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