Auteur :
Pierre-Clément Cazon
Directeur de la publication.
Avec une température moyenne nationale de 24,9 °C, juillet 2026 est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900. Il dépasse août 2003, à 24,8 °C, et juillet 2006, à 24,4 °C.
Le record ne résulte pas seulement de quelques pointes extrêmes. Les températures sont restées supérieures aux normales pendant tout le mois, avec un écart moyen de +3,8 °C par rapport à la période 1991-2020. Pour les températures maximales, l’anomalie atteint +5,2 °C.
La deuxième vague de chaleur nationale de l’année a duré seize jours, du 4 au 19 juillet. Elle se classe parmi les plus longues observées en France depuis 1947, derrière les épisodes de juillet 1983, long de vingt-trois jours, et de juillet 2006, qui avait duré vingt et un jours.
Le 12 juillet, au plus fort de l’épisode, 37 départements ont été placés en vigilance rouge canicule et 46 en vigilance orange. La température moyenne calculée sur vingt-quatre heures a atteint 28,1 °C à l’échelle nationale.
La chaleur nocturne a également atteint un niveau inédit. Durant la nuit du 8 au 9 juillet, la température n’est pas descendue sous 30,6 °C à Vivès, dans les Pyrénées-Orientales. Cette valeur constitue le record national de température minimale pour la France hexagonale et la Corse.
À Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, le thermomètre a dépassé 40 °C pour la première fois depuis l’ouverture de la station, avec 40,5 °C relevés le 8 juillet.
La chaleur s’est accompagnée d’un déficit pluviométrique proche de 70 % en moyenne sur le pays. Juillet 2026 devient ainsi le troisième mois de juillet le moins arrosé, derrière juillet 2022, déficitaire de 85 %, et juillet 2020, déficitaire de 75 %.
La pluie a été presque absente au nord de la Seine, autour de Nantes, en Occitanie, dans l’intérieur du Var, sur la Côte d’Azur et en Corse. Aucun millimètre n’a été relevé au Luc, à Cannes ou à Ajaccio pendant le mois. Amiens n’a reçu que 0,4 mm, Perpignan 0,8 mm et Melun 1,8 mm.
Des orages ont apporté localement 30 à 50 mm en Auvergne-Rhône-Alpes, notamment les 16 et 25 juillet, sans compenser le déficit observé à l’échelle nationale.
L’ensoleillement a dépassé la normale de 35 %. Juillet 2026 se classe au deuxième rang des mois de juillet les plus ensoleillés, derrière juillet 2022. Le rayonnement prolongé, le manque de pluie et les températures élevées ont accéléré l’évaporation et l’assèchement de la végétation.
À la fin du mois, l’humidité moyenne des sols superficiels en France hexagonale et en Corse avait rejoint les niveaux les plus bas enregistrés, atteints à la mi-août 2022. Les sols étaient plus secs qu’à la même date en 2022 et en 2025.
Cet indicateur décrit la couche supérieure des sols, directement sollicitée par la végétation, les prairies et les cultures. Il ne permet pas de conclure que toutes les nappes phréatiques ou tous les cours d’eau suivent la même évolution. La sécheresse météorologique, la sécheresse des sols et la sécheresse hydrologique peuvent progresser à des rythmes différents selon les territoires.
Les conditions de juillet ont également maintenu un risque important de feux de végétation. Une végétation desséchée facilite le développement et la propagation d’un incendie une fois celui-ci déclaré. Le niveau de danger dépend aussi de la température et du vent.
Le record climatique national ne déclenche pas automatiquement les mêmes interdictions dans toute la France. Les mesures de restriction sont fixées temporairement par arrêté préfectoral lorsque les seuils définis pour une zone d’alerte sont franchis.
Le dispositif distingue quatre niveaux de gravité : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise. La vigilance correspond principalement à des mesures d’information et de sensibilisation. Les premières restrictions effectives apparaissent au niveau d’alerte, puis sont renforcées lorsque plusieurs usages ne peuvent plus être satisfaits simultanément.
Le niveau de crise réserve prioritairement la ressource à l’alimentation en eau potable, à la santé, à la salubrité publique et à la sécurité civile. Il ne correspond pas à une coupure générale et uniforme de l’eau.
Les règles peuvent porter sur l’arrosage, le remplissage des piscines, le lavage des véhicules, l’irrigation, les prélèvements privés ou certains usages économiques. Elles varient selon les zones hydrologiques, les ressources concernées et les catégories d’usagers. VigiEau permet de consulter les restrictions applicables localement.
Une nouvelle période de canicule a concerné une partie de la France à la fin de juillet. Entre le 29 juillet et le 3 août, 24 % de la population hexagonale a connu au moins une journée de vigilance orange.
Les passages aux urgences associés à l’indicateur iCanicule ont atteint un pic de 293 le 29 juillet. Plus de 160 hospitalisations quotidiennes consécutives à ces passages ont été enregistrées entre le 29 et le 31 juillet.
L’indicateur regroupe les hyperthermies et coups de chaleur, les déshydratations et les hyponatrémies. Toutes les classes d’âge ont été concernées, avec une exposition particulière des personnes âgées de 75 ans et plus. Ces recours aux soins mesurent des effets sanitaires directs de la chaleur, sans constituer une estimation de la mortalité.