Troisième vague de chaleur : jusqu’à 40 °C sur des sols déjà très secs
- La troisième vague de chaleur nationale de l’été atteint son pic mercredi 29 juillet.
- Des pointes à 40 °C sont prévues dans le Sud-Ouest, tandis que 38 °C sont attendus à Paris et à Tours.
- Les sols sont plus secs qu’en 2022 et en 2025 à la même date.
- La canicule de juin s’est accompagnée d’au moins 5 764 décès toutes causes en excès.
La troisième vague de chaleur nationale de l’été 2026 atteint son pic mercredi 29 juillet dans un pays où la sécheresse des sols est déjà généralisée. Météo-France prévoit des températures proches ou supérieures à 37 °C dans de nombreuses régions et des pointes à 40 °C dans le Sud-Ouest.
Cet épisode intervient seulement dix jours après la fin de la vague de chaleur du 4 au 19 juillet. Il survient également alors que Santé publique France vient de publier un premier bilan sanitaire de l’épisode de juin, marqué par au moins 5 764 décès toutes causes en excès.
Jusqu’à 40 °C dans le Sud-Ouest mercredi 29 juillet
Les températures maximales doivent atteindre 38 °C à Paris et à Tours, 36 °C à Lyon et à Grenoble, ainsi que 40 °C localement dans le Sud-Ouest. Le pic concerne une large moitié ouest du pays, tandis que des conditions caniculaires s’étendent du nord de l’Auvergne et de Rhône-Alpes jusqu’au Jura.
Les fortes températures doivent se décaler vers l’est jeudi 30 juillet. Leur durée précise reste toutefois à confirmer. Une diminution locale du thermomètre ne mettra pas immédiatement fin aux conséquences de l’épisode, notamment dans les logements qui ont accumulé de la chaleur et dans les territoires où les températures nocturnes restent élevées.
La troisième vague de chaleur nationale depuis le 17 juin
La France a connu une première vague de chaleur du 17 au 30 juin, puis une deuxième du 4 au 19 juillet. L’épisode commencé le 28 juillet est donc le troisième à atteindre les critères d’une vague de chaleur nationale pendant l’été 2026. Il constitue la 54e vague recensée en France depuis 1947.
Un épisode caniculaire avait déjà touché le pays en mai, sans atteindre les seuils nécessaires pour être classé comme une vague de chaleur à l’échelle nationale. Météo-France comptabilise ainsi quatre épisodes de très fortes chaleurs depuis le mois de mai.
Une vague de chaleur est déterminée à partir d’un indicateur thermique calculé à l’échelle de la France. La canicule correspond à un risque sanitaire évalué département par département, lorsque les températures minimales et maximales dépassent pendant plusieurs jours des seuils adaptés aux caractéristiques locales.
Des sols plus secs qu’en 2022 et en 2025 à la même date
La chaleur actuelle s’ajoute à un déficit prolongé de précipitations. Depuis le mois de mai, les situations anticycloniques récurrentes limitent le passage des perturbations sur l’ouest de l’Europe. Les températures élevées accélèrent parallèlement l’évaporation de l’eau contenue dans les sols.
Au 25 juillet, la sécheresse des sols était généralisée à l’ensemble de la France hexagonale et de la Corse. L’humidité des sols était inférieure aux niveaux observés en 2022 et en 2025 à la même période et se rapprochait des valeurs absolues les plus basses enregistrées en août 2022.
Les éventuelles pluies orageuses peuvent humidifier temporairement les premières couches du sol sans nécessairement résorber une sécheresse installée. Leur effet dépend de leur intensité, de leur durée et de leur répartition géographique.
La combinaison de sols secs, de végétation déshydratée et de températures élevées augmente également le danger de départ et de propagation des feux de forêt. Les fortes chaleurs réduisent en parallèle le rafraîchissement de l’air produit par l’évaporation de l’eau des sols et la transpiration des végétaux.
Au moins 5 764 décès toutes causes en excès pendant la canicule de juin
Santé publique France estime qu’au moins 5 764 décès toutes causes en excès ont été enregistrés pendant les jours de canicule compris entre le 17 juin et le 2 juillet dans les 92 départements concernés. Ce nombre représente une hausse provisoire de 36,2 % par rapport aux 15 910 décès statistiquement attendus sur ces périodes.
Cette estimation ne correspond pas à un décompte de décès dont la cause médicale aurait été individuellement attribuée à la chaleur. Elle mesure l’écart entre les 21 674 décès toutes causes observés et le nombre attendu selon un modèle statistique fondé notamment sur les données des années précédentes et les variations saisonnières.
Les personnes âgées de 75 ans et plus représentent environ les deux tiers de cet excès, avec au moins 3 719 décès supplémentaires. Un excès a toutefois été observé dans toutes les classes d’âge à partir de 15 ans. Plus de la moitié des décès supplémentaires estimés se concentrent entre le 25 et le 27 juin.
Les données ont été arrêtées le 20 juillet et ne sont pas encore consolidées. Santé publique France doit publier à l’automne un bilan portant sur l’ensemble de la période de surveillance estivale.
La moitié des vagues de chaleur recensées après 2010
La moitié des vagues de chaleur observées en France depuis 1947 s’est produite après 2010, soit autant en une quinzaine d’années que pendant les six décennies précédentes. Elles apparaissent également plus tôt au printemps et plus tard à la fin de l’été.
La trajectoire nationale de référence pour l’adaptation prévoit de préparer la France à un réchauffement moyen d’environ 2,7 °C en 2050 et de 4 °C en 2100 par rapport à la période préindustrielle. Ces niveaux servent à dimensionner les politiques d’adaptation et ne constituent pas une prévision météorologique pour une année précise.
Les précautions recommandées pendant l’épisode
Les autorités sanitaires recommandent de boire régulièrement sans attendre d’avoir soif, de limiter les efforts physiques, d’éviter l’alcool et de passer plusieurs heures dans un lieu frais. Les volets et les fenêtres doivent rester fermés lorsque l’air extérieur est plus chaud que l’intérieur, puis être ouverts lorsque la température baisse.
Une attention particulière doit être portée aux personnes âgées, aux nourrissons, aux malades chroniques, aux personnes isolées et aux travailleurs exposés. Un malaise, une confusion, une perte de connaissance ou une température corporelle anormalement élevée nécessitent un appel rapide au 15.
Sources principales
- Météo-France — Nouvelle vague de chaleur : pic d’intensité mercredi
- Météo-France — Retour sur la deuxième vague de chaleur de l’été
- Santé publique France — Excès de mortalité durant la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026
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