Été 2026 : l’Europe de l’Ouest bat le record de chaleur de 2003

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Été 2026 : l’Europe de l’Ouest bat le record de chaleur de 2003
  • L’Europe de l’Ouest a connu son été le plus chaud dans les données ERA5.
  • Avec 21,69 °C de moyenne, 2026 dépasse le précédent record de 2003.
  • En France, l’été est également le plus chaud observé depuis 1900.
  • La chaleur s’est accompagnée d’un déficit de pluie proche de 40 % en France.
  • Août 2026 égale aussi le record mondial de température mensuelle.

L’été 2026 a dépassé une référence climatique vieille de plus de vingt ans en Europe de l’Ouest. Selon le bilan publié le 10 septembre par le service Copernicus sur le changement climatique, la température moyenne de juin à août a atteint 21,69 °C sur la région, soit 2,54 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020. Le précédent record remontait à l’été 2003.

Ce record ne concerne pas toute l’Europe de manière uniforme. Copernicus définit ici l’Europe de l’Ouest comme les terres comprises entre 11° O et 15° E et entre 37° N et 55° N. À l’échelle de l’ensemble des terres européennes, l’été 2026 se classe au troisième rang des plus chauds de la série ERA5, derrière 2024 et 2022.

Le record de 2003 est dépassé en Europe de l’Ouest

L’anomalie atteint +2,54 °C durant l’été 2026 en Europe occidentale, contre +1,98 °C en 2003. L’été 2022 s’était déjà approché de ce précédent record avec une anomalie de +1,90 °C.

La position de 2003 dans la série a également changé. Cet été apparaissait alors comme un épisode très isolé parmi des saisons généralement plus fraîches. Copernicus constate désormais que tous les étés depuis 2015 ont été plus chauds que la moyenne 1991-2020 dans la région.

Les températures moyennes de l’été 2026 atteignent leur niveau le plus élevé depuis au moins 1979 sur pratiquement toute l’Angleterre, le pays de Galles et la Belgique, ainsi que sur la majeure partie de la France, de l’Espagne, de l’Italie, de la Suisse et de l’Autriche.

Ces résultats reposent sur ERA5, une réanalyse climatique qui combine de nombreuses observations avec un modèle numérique afin de reconstituer de manière cohérente l’état de l’atmosphère. Les classements ne correspondent donc pas à une simple moyenne de thermomètres répartis uniformément sur le territoire.

La France connaît son été le plus chaud depuis 1900

Le bilan national de Météo-France confirme l’intensité exceptionnelle de la saison. Avec une température moyenne sur vingt-quatre heures de 24,0 °C et une anomalie de +3,6 °C par rapport aux normales 1991-2020, l’été 2026 devient le plus chaud observé en France depuis le début de la série nationale en 1900.

Il devance nettement 2003, dont l’anomalie estivale atteignait +2,7 °C, et 2022 avec +2,3 °C. Les températures maximales se sont encore davantage écartées des normales : leur anomalie moyenne sur la saison atteint +4,8 °C, contre +3,3 °C en 2003.

Au cours de l’été, 90 % du territoire a connu au moins une température maximale supérieure ou égale à 35 °C et 45 % au moins une valeur de 40 °C ou plus. Sur le réseau principal de Météo-France, le seuil de 40 °C a été franchi 178 fois, contre 88 fois en 2003.

Trois vagues de chaleur se sont succédé pour un total de 53 jours, contre un précédent maximum de 33 jours en 2022. La première, du 17 au 30 juin, a conduit jusqu’à 72 départements en vigilance rouge canicule au moment de son pic.

Météo-France attribue une part de l’anomalie au changement climatique

Météo-France a également réalisé une analyse d’attribution de la chaleur observée durant l’été. En prenant cette fois comme référence un été moyen de l’ère préindustrielle, l’écart atteint +5,0 °C. Le service estime que 2,4 °C de cette anomalie sont directement imputables au changement climatique d’origine humaine, avec une fourchette d’incertitude comprise entre 1,8 et 3,0 °C.

Le chiffre de +5,0 °C ne doit donc pas être confondu avec l’anomalie de +3,6 °C citée précédemment : les deux valeurs utilisent des périodes de référence différentes. Selon Météo-France, un été aussi chaud aurait été quasi impossible sans changement climatique d’origine humaine et reste rare dans le climat actuel, avec une probabilité estimée à environ une année sur cent.

Près de 40 % de pluie en moins en France

La chaleur s’est accompagnée d’un important déficit de précipitations. En moyenne nationale, il atteint près de 40 % sur les trois mois de l’été. Météo-France classe ainsi 2026 comme le deuxième été le moins pluvieux depuis 1959, derrière 1962, où le déficit avait atteint 50 %, et devant 1976, déficitaire d’environ 35 %.

La France n’a généralement connu que 15 à 20 jours de pluie durant la saison, contre 20 à 30 habituellement. Près de la Méditerranée, le nombre tombe à 5 à 10 jours, même si la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a bénéficié de passages orageux suffisamment importants pour conserver un cumul saisonnier proche de la normale.

Le manque de pluie et les températures élevées ont également provoqué une sécheresse des sols exceptionnelle. Début août, l’indice d’humidité des sols calculé par Météo-France a atteint à l’échelle nationale un niveau inférieur au précédent minimum observé en 2022.

Les données simulées du système européen EFAS utilisées par Copernicus indiquent parallèlement des débits saisonniers record à la baisse sur de larges portions de la Seine, du Rhône et de la Loire. Le classement porte sur la période 1992-2026 et sur les cours d’eau dont le bassin versant dépasse 1 000 km². Il s’agit de débits simulés à l’échelle européenne et non d’un classement établi directement à partir de l’ensemble des stations hydrométriques françaises.

Août 2026 égale aussi le record mondial de chaleur

Le record européen intervient au terme d’un mois exceptionnel à l’échelle mondiale. Avec une température moyenne de l’air à la surface du globe de 16,96 °C, août 2026 devient le mois d’août le plus chaud de la réanalyse ERA5. Les précédents records d’août 2023 et 2024 s’établissaient tous deux à 16,82 °C.

Copernicus classe également août 2026 à égalité avec juillet 2023 comme mois le plus chaud de la série, toutes périodes de l’année confondues. Les valeurs arrondies atteignent respectivement 16,96 °C et 16,95 °C, mais leur différence calculée avec davantage de décimales reste inférieure à 0,01 °C.

À l’échelle mondiale, la période de juin à août 2026 égale par ailleurs le record de 2024, avec une température moyenne supérieure de 0,69 °C à celle de la période 1991-2020.

Un mois à +1,65 °C ne signifie pas que le seuil de Paris est franchi

Août 2026 s’est situé 1,65 °C au-dessus de la moyenne estimée pour 1850-1900. C’est le premier mois à repasser au-dessus de 1,5 °C depuis novembre 2025. Ce dépassement mensuel ne signifie cependant pas que l’objectif de température de l’Accord de Paris vient d’être définitivement franchi.

L’Organisation météorologique mondiale rappelle que les seuils de 1,5 °C et 2 °C de l’Accord de Paris correspondent à un réchauffement maintenu sur une période prolongée, généralement évalué sur vingt ans. Un mois ou une année au-dessus de 1,5 °C constitue donc un dépassement temporaire, et non la mesure du réchauffement climatique de long terme utilisée pour évaluer cet objectif.

Dans ERA5, la température mondiale moyenne des douze mois allant de septembre 2025 à août 2026 se situe à +1,48 °C par rapport à 1850-1900. Cette moyenne sur douze mois ne constitue pas davantage l’indicateur de référence de l’Accord de Paris, mais elle replace le pic d’août dans une période plus longue.

Sur les huit premiers mois de 2026, la température mondiale place actuellement l’année au deuxième rang de la série ERA5, derrière 2024 et devant 2023. Ce classement reste provisoire : l’évolution des températures au cours des quatre derniers mois de l’année, notamment dans un contexte de renforcement d’El Niño, déterminera la position finale de 2026.

Sources principales

Crédit image : Union européenne, données Copernicus Climate Change Service — CC BY 4.0.

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