Auteur :
Béatrice Canel Depitre
Coprésidente du Parti animaliste.
Chaque été, les mêmes images reviennent. Des hectares de forêts ravagés, des villages évacués, des pompiers mobilisés jour et nuit. Et, légitimement, toute notre attention se porte sur les populations humaines.
Pourtant, derrière les flammes se déroule une autre tragédie, presque invisible : celle des animaux.
Des milliers d’animaux sauvages meurent brûlés, asphyxiés ou succombent, dans les jours qui suivent, à leurs blessures, à la faim ou à la disparition de leur habitat. Les animaux d’élevage peuvent eux aussi se retrouver piégés dans des bâtiments inadaptés à une évacuation rapide. Quant aux animaux de compagnie, leur sauvetage dépend souvent de l’improvisation, de la solidarité locale et de l’engagement des associations.
Cette réalité n’est pas nouvelle. Ce qui change, en revanche, c’est la fréquence des catastrophes. Les épisodes de sécheresse, de canicule et les incendies de grande ampleur deviennent plus nombreux et plus intenses. Les conséquences du changement climatique ne constituent plus une hypothèse mais une réalité à laquelle notre pays doit désormais s’adapter.
Pourtant, les animaux demeurent largement absents de notre organisation de la protection civile.
Les plans ORSEC prévoient des dispositifs spécifiques pour les personnes vulnérables, mais il n’existe toujours pas de stratégie nationale permettant d’anticiper le secours, l’évacuation et la prise en charge des animaux lors des catastrophes naturelles.
Cette absence traduit une conception dépassée des politiques publiques. Les animaux continuent d’être considérés comme une préoccupation secondaire alors qu’ils sont des millions à partager notre territoire et qu’ils sont directement affectés par les catastrophes climatiques.
Au Parti animaliste, nous considérons qu’il est temps de changer de paradigme.
Nous proposons que les animaux soient pleinement intégrés aux politiques nationales de gestion des catastrophes. Cela suppose notamment :
Ces propositions ne visent pas à opposer les animaux aux êtres humains. Elles répondent au contraire à une exigence de cohérence. Une société qui se prépare aux catastrophes doit protéger tous les êtres vulnérables dont elle a la responsabilité.
Les incendies nous obligent également à regarder plus loin. Protéger les animaux pendant les catastrophes est indispensable. Réduire les causes qui aggravent ces catastrophes l’est tout autant. La lutte contre le changement climatique, la préservation des ressources en eau, la protection des forêts et la transition vers un modèle agricole plus résilient participent d’une même ambition : construire une société capable de mieux protéger les êtres humains comme les animaux.
Comme je le répète souvent, les catastrophes naturelles ne doivent plus être pensées uniquement à hauteur d’humains : les animaux aussi doivent faire partie des politiques de protection civile.
L’été 2026 peut marquer un tournant. À condition que nous tirions enfin toutes les conséquences de ces drames.
Crédit image : Photo de harun asrori sur Unsplash