Auteur :
Pierre-Clément Cazon
Directeur de la publication.
Le 1er mai 2026, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a officiellement proposé l’instauration d’un congé payé climatique de cinq jours par an en France.
Inspirée du modèle espagnol adopté fin 2024 après les inondations meurtrières, cette proposition vise à protéger les travailleurs exposés à des événements climatiques extrêmes (canicules, inondations, tempêtes) en leur permettant de ne pas se rendre au travail sans perte de salaire lorsque les autorités publiques recommandent ou imposent des restrictions.
Ce dispositif, encore à l’état de proposition, s’adresserait en priorité aux travailleurs exposés aux risques climatiques, notamment dans les secteurs où le télétravail est impossible.
La France subit une multiplication des épisodes de chaleur intense, d’inondations et de tempêtes, avec des impacts directs sur la santé et la productivité :
Cette proposition répond à une urgence : protéger les travailleurs tout en limitant les pertes économiques liées aux arrêts de travail non encadrés.
Aujourd’hui, les salariés français disposent de plusieurs mécanismes, mais aucun n’est adapté aux risques climatiques :
Résultat : en 2025, seulement 12 % des entreprises avaient mis en place des mesures spécifiques pour les canicules.
| Critère | Détails |
|---|---|
| Durée | 5 jours par an et par salarié (contre 4 jours en Espagne) |
| Bénéficiaires | Tous les salariés, quel que soit leur secteur ou leur statut (CDI, CDD, intérim) |
| Conditions | Déclenché par une alerte officielle (mairie, région, État) pour risque climatique extrême |
| Indemnisation | 100 % du salaire, pris en charge par l’État (et non par l’employeur) |
| Événements couverts | Canicules, inondations, tempêtes, grands froids, ou tout autre phénomène rendant le travail dangereux |
| Cumul | Non cumulable avec d’autres congés (maladie, RTT, etc.) |
Objectif : éviter les déplacements inutiles et les risques sanitaires, tout en maintenant le pouvoir d’achat des travailleurs.
En Espagne, le congé climatique a été adopté après les inondations de septembre 2024, qui ont fait 230 morts dans le sud-est du pays. Voici les différences clés :
| Critère | Espagne (2024) | Proposition France (2026) |
|---|---|---|
| Durée | 4 jours/an | 5 jours/an |
| Financement | 100 % par l’État | 100 % par l’État |
| Secteurs concernés | Tous les travailleurs | Tous les travailleurs |
| Seuils d’activation | Alerte météorologique officielle | Alerte officielle (à définir) |
L’Espagne a montré que ce dispositif réduisait de 30 % les accidents du travail liés aux intempéries en 2025.
Certains secteurs sont prioritaires en raison de leur exposition aux risques climatiques :
En 2026, les travailleurs exposés à des températures élevées ou à des intempéries représentent une part significative de la population active française.
| Avantage | Risque |
|---|---|
| Baisse de l’absentéisme (moins d’arrêts maladie non justifiés) | Coût pour l’État : entre 3 et 5 milliards d’euros par an (estimation Medef) |
| Amélioration de la productivité (moins de fatigue liée à la chaleur) | Complexité administrative (gestion des alertes et des indemnisations) |
| Réduction des accidents du travail (-15 % attendu, comme en Espagne) | Inégalités entre secteurs (certaines entreprises plus impactées que d’autres) |
Le Medef propose une alternative : un fonds mutualisé entre entreprises pour limiter la charge sur l’État.
| Dispositif | Secteur | Indemnisation | Conditions |
|---|---|---|---|
| Chômage-intempéries | BTP | 75 % du salaire | Vigilance orange/rouge (canicule, neige, pluie) |
| Droit de retrait | Tous secteurs | Non garanti | Danger grave et imminent (à prouver) |
| Télétravail | Tous secteurs | 100 % du salaire | Impossible pour une partie importante des métiers |
Ce dispositif pourrait limiter les pertes de PIB liées aux arrêts de travail non encadrés, en transférant une partie des coûts actuels (arrêts maladie non indemnisés) vers un cadre structuré.
Les régions du Sud (Occitanie, PACA) et l’Outre-mer sont 2 fois plus exposées aux canicules que le Nord. Les travailleurs agricoles et du BTP (souvent en CDD ou intérim) seraient les premiers bénéficiaires, réduisant ainsi les inégalités face aux risques climatiques.
| Date | Événement |
|---|---|
| Mai 2026 | Débat parlementaire sur la proposition de Marine Tondelier (dans le cadre de la primaire de la gauche). |
| Juillet 2026 | Rapport du gouvernement sur la faisabilité économique du dispositif. |
| Septembre 2026 | Vote possible à l’Assemblée nationale (si la gauche remporte les législatives). |