Écolabel européen : 46 % des Européens le reconnaissent, que garantit-il ?

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  • 46 % des Européens reconnaissent le logo de l’Écolabel européen, contre 38 % en 2023.
  • 81 % estiment que les produits certifiés ont un impact environnemental réduit par rapport à des produits similaires.
  • Plus de 121 000 produits et services sont certifiés, mais l’offre reste très inégale selon les catégories.
  • En France, des bases officielles permettent de vérifier les certifications.

L’Écolabel européen gagne en notoriété. Selon un Eurobaromètre publié par la Commission européenne le 8 octobre 2026, près d’un Européen sur deux reconnaît désormais son logo en forme de fleur. La confiance déclarée dans cette certification progresse également, tandis que le nombre de produits et services certifiés atteint un record.

Présent notamment sur des lessives, des peintures, des produits en papier et dans certains hébergements touristiques, ce label public repose sur des critères environnementaux contrôlés. Mais sa présence sur un emballage ne signifie pas qu’un produit est sans impact sur l’environnement.

La reconnaissance du logo progresse de huit points depuis 2023

Réalisée du 31 août au 6 septembre 2026 auprès de 25 566 personnes interrogées en face à face dans les 27 États membres de l’Union européenne, l’enquête met en évidence plusieurs évolutions depuis 2023 :

  • 46 % des personnes interrogées reconnaissent le logo de l’Écolabel européen, contre 38 % trois ans auparavant.
  • 81 % estiment que les produits certifiés ont un impact environnemental inférieur à celui de produits similaires, contre 75 % en 2023.
  • 46 % déclarent acheter souvent ou occasionnellement des produits portant spécifiquement l’Écolabel européen, soit 8 points de plus qu’en 2023.
  • 66 % déclarent acheter souvent ou occasionnellement des produits portant un label environnemental, quel qu’il soit.

La progression concerne donc aussi bien la reconnaissance du logo que la confiance et les habitudes d’achat déclarées.

Ces résultats ne mesurent toutefois ni les achats réellement effectués ni les bénéfices environnementaux obtenus. Ils reposent sur les réponses des personnes interrogées. La hausse de la notoriété ne suffit pas non plus à démontrer qu’elle est à l’origine de l’évolution des comportements d’achat.

Malgré cette progression, une majorité des Européens interrogés ne reconnaît toujours pas le logo. Sa présence sur des produits du quotidien ne garantit donc pas qu’il soit identifié ou compris par tous les consommateurs.

121 083 références certifiées, mais une offre très inégale

Les statistiques publiées par la Commission européenne font état de 121 083 produits et services couverts par 3 665 licences sur le marché de l’Espace économique européen en septembre 2026.

Depuis mars, 4 391 références supplémentaires ont été certifiées, soit une progression d’environ 4 %. Une licence pouvant couvrir plusieurs références d’une même catégorie, le nombre de licences ne correspond pas au nombre de produits certifiés.

Cette offre est cependant concentrée dans quelques secteurs :

  • 39 014 références de peintures et vernis.
  • 30 750 références de produits en papier.
  • 15 822 références dans les produits et services de nettoyage.
  • 11 995 références de mobilier et matelas.
  • 11 708 références de vêtements et textiles.

Les peintures et les produits en papier représentent ainsi, à eux seuls, près de 58 % des références certifiées. Le nombre total de produits labellisés ne signifie donc pas que les consommateurs disposent d’un choix équivalent dans tous les rayons.

Les produits de soin, regroupant des références destinées aux personnes et aux animaux, représentent 2 339 références certifiées. La Commission recense également 1 051 hébergements touristiques titulaires de l’Écolabel européen.

Cette répartition rejoint certaines attentes exprimées dans l’Eurobaromètre : 50 % des personnes interrogées aimeraient trouver davantage de détergents certifiés, 36 % davantage de textiles et 35 % davantage de cosmétiques.

La France figure parmi les pays européens délivrant le plus grand nombre de certifications, aux côtés notamment de l’Italie, de l’Espagne et de l’Allemagne. Ces statistiques portent sur les certifications accordées par les organismes nationaux, et non exclusivement sur les produits disponibles dans les commerces de chaque pays.

Que garantit réellement l’Écolabel européen ?

Créé en 1992 et encadré par le règlement européen n° 66/2010, l’Écolabel européen est une certification publique et volontaire. Son attribution repose sur des critères définis à l’échelle européenne pour chaque catégorie de produits ou services.

Fondé sur les principes de la norme ISO 14024, il adopte une approche multicritère tenant compte des principales incidences environnementales sur l’ensemble du cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication, utilisation et fin de vie.

Selon les produits, les exigences peuvent notamment porter sur :

  • La limitation ou l’interdiction de certaines substances dangereuses.
  • La consommation d’eau, d’énergie et de matières premières.
  • La réduction des déchets et des emballages.
  • La durabilité et les performances d’utilisation.

Un fabricant de lessive certifiée doit ainsi respecter des exigences propres aux détergents, tandis qu’un fabricant de peinture est soumis à un autre référentiel. Les cahiers des charges comportent également des critères d’efficacité : une lessive doit, par exemple, satisfaire aux exigences de performance de nettoyage prévues pour sa catégorie.

La certification ne repose pas sur une simple déclaration du fabricant. Un organisme compétent indépendant vérifie le respect des critères, notamment au moyen d’audits et de contrôles. Les référentiels sont également révisés pour tenir compte des progrès scientifiques et techniques.

L’Écolabel européen ne signifie pas pour autant qu’un produit est sans pollution, entièrement naturel ou meilleur sur tous les indicateurs environnementaux. Il atteste du respect d’un ensemble d’exigences spécifiques à sa catégorie. Un produit non certifié n’est pas nécessairement moins performant : son fabricant peut simplement ne pas avoir demandé le label.

L’Écolabel européen ne couvre pas non plus les aliments et les boissons. Il ne doit pas être confondu avec le logo européen de l’agriculture biologique, qui relève d’une réglementation distincte.

Comment vérifier un produit certifié en France ?

La présence du logo sur un emballage constitue un premier repère, mais il est possible de vérifier une certification en consultant les bases officielles.

La Commission européenne propose un catalogue des produits et services Écolabel européen. Il permet de rechercher des références par catégorie et d’accéder aux informations enregistrées sur les certifications.

Ce catalogue présente néanmoins une limite : l’enregistrement des produits relève des titulaires des licences. La base peut donc ne pas être exhaustive.

En France, l’ADEME met également à disposition une base des produits français certifiés par un organisme national. Mise à jour mensuellement, elle permet notamment de rechercher un produit, une entreprise ou un numéro de licence.

Pour vérifier une certification, le consommateur peut comparer le nom exact du produit, son fabricant et, lorsqu’il est indiqué, le numéro de licence figurant sur l’emballage avec les informations disponibles dans ces bases.

Il faut cependant distinguer une référence certifiée d’une marque dont certains produits seulement bénéficient du label. Une certification obtenue pour une lessive donnée ne couvre pas automatiquement toutes les lessives du même fabricant.

La base française ne recense pas non plus nécessairement les produits certifiés dans un autre pays européen puis commercialisés en France. L’absence d’un produit dans l’un de ces catalogues ne prouve donc pas, à elle seule, une utilisation frauduleuse du logo. En cas de doute, le numéro de licence peut être demandé au fabricant ou vérifié auprès de l’organisme certificateur concerné.

Des labels environnementaux davantage encadrés en 2026

La progression de l’Écolabel européen intervient alors que l’Union européenne renforce son cadre de lutte contre les allégations environnementales trompeuses.

La directive (UE) 2024/825 prévoit notamment de nouvelles exigences pour les labels de développement durable. Leur utilisation devra reposer sur un système de certification comportant une vérification indépendante ou sur un dispositif établi par les autorités publiques.

Les États membres devaient transposer cette directive au plus tard le 27 mars 2026 et appliquer les nouvelles dispositions à partir du 27 septembre 2026. En France, la transposition a pris du retard : au 13 octobre 2026, le projet de loi portant notamment ces mesures se trouvait encore en première lecture à l’Assemblée nationale, après son adoption au Sénat le 18 février.

Les nouvelles dispositions de cette directive ne sont donc pas encore toutes intégrées au droit français. Les règles nationales préexistantes contre les pratiques commerciales trompeuses et les allégations environnementales mensongères demeurent néanmoins applicables.

L’Écolabel européen disposait déjà, avant cette directive, d’un cadre réglementaire spécifique et d’une certification indépendante. Son intérêt réside dans cette combinaison de critères publics, de contrôles et d’exigences environnementales adaptées aux produits.

Pour autant, un produit certifié continue de mobiliser des ressources lors de sa fabrication, de son transport et de son utilisation. Le label constitue un outil de comparaison entre produits similaires, sans remplacer la prise en compte du besoin réel, des quantités consommées ou de la durée d’utilisation.

Sources principales

Crédit image : Innenstadt / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Image d’illustration.

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